J'avais envie de vous faire partager un petit passage, extrait du "l'Encyclopedie du Savoir Relatif et Absolu" Tome 3 citee dans "La Revolution des Fourmis" de Bernard Werber, et portant sur l'utopie des Indiens d'Amerique :
"Les Indiens d'Amerique du Nord, qu'ils soient sioux, cheyennes, apaches, crows, navajos, comanches, etc partageaient les memes principes.
Tout d'abord, ils se consideraient comme faisant partie integrante de la nature et non maitres de la nature. Leur tribu ayant epuise le gibier d'une zone migrait afin que le gibier puisse se recontituer. Ainsi leur ponction n'epuisait pas la Terre.
Dans le systeme de valeurs indien, l'individualisme etait source de honte plutot que de gloire. Il etait obscene de faire quelquechose pour soi. On ne possedait rien, on n'avait de droit sur rien. Encore de nos jours, un Indien qui achete une voiture sait qu'il devra la preter au premier Indien qui la lui reclamera.
Leurs enfants etaient eduques sans contraintes. En fait, ils s'autoeduquaient.
Ils avaient decouvert les greffes de plantes qu'ils utilisaient par exemple pour creer des hybrides de mais. Ils avaient decouvert le principe d'impermeabilisation des toiles grace a la seve d'hevea. Ils savaient fabriquer des vetements de coton dont la finesse de tissage etait inegalee en Europe. Ils connaissaient les effets benefiques de l'aspirine (acide salicylique), de la quinine...
Dans la societe indienne d'Amerique du Nord, il n'y avait pas de pouvoir hereditaire ni de pouvoir permanent. A chaque decision, chacun exposait son point de vue lors des pow-wow (conseil de la tribu). C'etait avant tout (et bien avant les revolutions republicaines europeennes) un regime d'assemblee. Si la majorite n'avait plus confiance dans son chef, celui-ci se retirait de lui-meme.
C'etait une societe egalitaire. Il y avait certes un chef mais on n'etait chef que si les gens vous suivaient spontanement. Etre leader, c'etait une question de confiance. A une decision prise en pow-wow chacun n'etait oblige d'obeir que s'il avait vote pour cette decision. Un peu comme si, chez nous, il n'y avait que ceux qui trouvaient une loi juste qui l'appliquaient !
Meme a l'epoque de leur splendeur, les Amerindiens n'ont jamais eu d'armee de metier. Tout le monde participait a la bataille quand il le fallait, mais le guerrier etait avant tout reconnu socialement comme chasseur, cultivateur et pere de famille.
Dans le systeme indien, toute vie, quelle que soit sa forme, merite le respect. Ils menageaient donc la vie de leurs ennemis pour que ceux-ci en fassent de meme. Toujours cette idee de reciprocite : ne pas faire aux autres ce qu'on n'a pas envie qu'ils nous fassent.
La guerre etait consideree comme un jeu ou l'on devait montrer son courage. On ne souhaitait pas la destruction physique de son adversaire. Un des buts du combat guerrier etait notamment de toucher l'ennemi avec l'extremite de son baton a bout rond. C'etait un honneur plus fort que de tuer. On comptait "une touche". Le combat s'arretait des les premieres effusions de sang. Il y avait rarement des morts.
Le principal objectif des guerres interindiennes consistait a voler les chevaux de l'ennemi. Culturellement, il leur fut difficile de comprendre la guerre de masse pratiquee par les Europeens. Ils furent tres surpris quand ils virent que les blancs tuaient tout le monde, y compris les vieux, les femmes et les enfants. Pour eux, ce n'etait pas seulement affreux, c'etait surtout aberrant, illogique, incomprehensible. Pourtant, les Indiens d'Amerique du Nord resisterent relativement longtemps.
Les societes sud-americaines furent plus faciles a attaquer. Il suffisait de decapiter la tete royale pour que toute la societe s'effondre. C'est la grande faiblesse des systemes a hierarchie et a administration centralisees. On les tient par leur monarque. En Amerique du Nord, la societe avait une structure plus eclatee. Les cow-boys eurent a faire a des centaines de tribus migrantes. Il n'y avait pas un grand roi imobile mais des centaines de chefs mobiles. Si les blancs arrivaient a mater ou a detruire une tribu de cent cinquante personnes, ils devaient a nouveau s'attaquer a une deuxieme tribu de cent cinquante personnes.
Ce fu malgre tout un gigantesque massacre. En 1492, les Amerindiens etaient dix millions. En 1890, ils etaient cent cinquante mille, se mourrant pour la pluplart des maladies apportees par les Occidentaux. Lors de la bataille de Little Big Horn, le 25 Juin 1876, on assista au plus grand rassemblement indien : dix a douze mille individus dont trois a qutre mille guerriers. L'armee amerindienne ecrasa a plate couture l'armee du general Custer. Mais il etait difficile de nourrir tant de personnes sur un petit territoire. Apres la victoire, les Indiens se sont donc separes. Ils consideraient qu'apres avoir subi une telle humiliation, les blanc n'oseraient plus jamais leur manquer de respect.
En fait, les tribus ont ete reduites une par une. Jusqu'en 1900, le gouvernement anericain a tente de les detruire. Apres 1900, il a cru que les Amerindiens s'integreraient au melting-pot comme les Noirs, les Chicanos, les Irlandais, les Italiens.
Mais c'etait la une vision reduite. Les Amerindiens ne voyaient absolument pas ce qu'ils pouvaient apprendre du systeme social et politique occidental qu'ils consideraient comme nettement moins evolue que le leur."
Voila, c'est tout. Y'a debat ?
Etapes :
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