Enfin disons que c'est plutot une premiere arrivee pour moi vu qu'un mois et demi plus tot, je n'ai fait connaissance qu'avec une superette et un hotel. Mais j'ai aime moyen cette ville, because of pollution of course and because of too much marketing and hypocrisis behaviour. Par exemple, Dubar Square, j'ai aime moyen moins pour des raisons que j'espliquerai plus tard, j'ai plus aime le Ktm non touristique, c'est a dire les rues commercantes que seuls les nepalais frequentent. Bon, j'ai pas bcp de photos de Ktm, j'ai tjrs des reticences a faire l'etale de cette technologie, plus maintenant par respect pour eux (encore qu'ils s'en foutent un peu) que par peur d'attirer les convoitises malveillantes (au debut, c'etait ca), alors si vous souhaitez des images de ktm, faut y aller, c'est le mieux.
C'est un petit village dans la montagne, sans electricite disposant d'une ecole aux besoins innombrables et fondamentaux. Dans ce petit village, les habitants ne sont pas habitues a voir passer des touristes, encore moins a les voir rester. JE ne sais quelle aurait ete leur hospitalite a mon egard si j'etais arrive seul. Toujours est il qu'intronise par Dil et Bhim, les choses sot plus faciles que c'est chez sa tante que nous avons ete loges, enfin pour une nuit sur les trois, la derniere, car les voisins nous ont invite a partager le repas et offerts le lit. Beaucoup d'entre eux etaient honores de ma presence ! Pensez, pour la premiere fois de leur vie, l'occasion leur etait donnee de parler qqes mots avec un etranger, de le recevoir, de le voir mamnger avec eux (et a la mode nepalaise s'il vous plait, c'est a dire sans couverts et avec les doigts de la main droite, la gauche etant impure). A ce propos, c'est marrant de constater que dans notre pays, a une deja lointaine epoque (30 ans), il valait mieux etre droitier que gaucher aux yeux de ma grand mere paternelle (memere quoi !). Elle me forcait d'ailleurs a ecrire ou du moins a tenir mon stylo de la main droite. J'avais pour elle une facheuse tendence a faire les choses de la main gauche. D'ailleurs, je continue a tenir ma fourchette de la main gauche et le couteau dans la droite et il n'est pas rare, lorsque je dresse une table, d'inverser l'ordre "logique" des couverts.
Bref, tout ca pour pas dire grand chose.
Les maisons de ce village sont pour la plupart assez grandes (2 etages et 1 rez de chaussee). Les carreaux aux fenetres sont absents (ce qui evite bien des tracas menages comme le stress lie a la moindre petite trace de gras. Le sol du rez de chausse est en terre, sorte de glaise rougeatre sechee. La cuisiniere est a meme le sol (ce qui dit en passant, change des Guesthouses dans lesquelles elle est surelevee permettant ainsi de cuisiner debout). La cuisine se fait donc acroupi, au feu de bois bien sur. L'eau est rapportee de la fontaine tous les matins, de bonne heure, au moyen de jarres transportees par les jeunes filles a la mode sherpa, cad que la jarre est ceinturee dans le dos et c'est le front, la tete qui en supporte le poids, comme d'ailleurs pour tout transport de matieres, c'est beaucoup a dos d'homme et de femme qu'il est effectue.
Pour le petit dej, eh bien disons qu'un the nepalais des montagnes suffira (tres epice), enfin j'me comprin ! Il etait agremente d'une assiette de flocons de cereales, mais pas comme des frosties ou Corn Flakes, on non, une vraie platree de flocos secs et sans saveur particuliere. Dur dur a avaler, j'ai pas pu finir, en fait personne ne finit jamais. Enfin bon, j'etais en plein dedans, dans cette vie et ces coutumes nepalaises inchangees depuis des siecles peut etre. Je comprend mieux les problemes de mal nutrition des campagnes reculees ce pays. Les nepalais ne sont cependant pas habitues a prende le petit dej. Generalement, ils se contentent d'un the puis vers 11H, c'est le Dal Bath et re belote en fin de journee ou en soiree.
Voici le moment tant attendu. La remise des livres et stylos aux enfants de l'ecole. J'avais avant cela rencontre le directeur de l'ecole (par hazard) et nous avions fixe le RDV au lendemain matin vers 10H. Dans la journee, j'avais observe la jeune fille de ma maison d'accueil conduire des poches plastiques remplies de petales de fleurs, j'ai pense qu'elle preparait peut etre une decoction de fleurs...
Il est 9H30, nous partons pour l'ecole les bras charges de livres et stylos. Nous y arrivons sous les yeux equarquilles des enfants qui devait se dire : " il se passe un truc la". Souvenez vous lorsque nous etions enfants et qu'un evenement peu commun se preparait, le plus souvent s'agissait il d'une personne etrangere a l'ecole que nous apercevions dans l'enceinte de la cour ou dans les couloirs. Je suis invite a attendre un peu dans la salle des profs (2 tables, 6 chaises et qqes posters expliquant les rapports normaux entre 2 personnes de sexes opposes), les presentations se succedent... pendant ce temps, il y a un examen pour la plupart d'entre eux, enfi chacun leur tour car y'a pas assez de salles de classe pour toutes les categories d'ages ou pas assez de profs... Et je crois bien qu'une partie des gamins etait ce matin la livres a eux memes et s'occuper en jouant ou en se battant. Eh oui ! j'en ai vu deux se sauter dessus et s'exploser comme des chiffoniers. Et devinez ce qu'il s'est passe ? Eh bien, comme quand nous etions gosses, une bagarre dans la cour etant unj evenement spectaculaire, les autres se precipitent autour de ce combat sans regle ou tous les coups sont permis, en criant, en hurlant, en encourageant les deux terreurs a continuer. C'est la qu'une prof est intervenue (je suis tombe amoureux a ce moment precis, de la prof) supplee d'un prof qui a distribue qqes claques. Pas assez pour les refroidir puisqu'ils ont recommence un peu plus loin. Sauf que la, c'est le dirlo qui est arrive. Il a chope personne car tout le monde s'est sauve en le voyant s'approcher. Faut dire que vu la carrure du bonhomme et la celebrite du poid de ses giffles dans le dos (je l'ai vu faire) pour calmer les esprits perturbateurs, je comprends que les gamins ne s'attardent pas. Pour mes amis d'enfance, histoire de faire le rapprochement, ce dirlo nepalais est un mix entre la carrure de Jacques Canionc et la vuiolente dexterite de Mr Briatte, lol !
Le temps de la ceremonie de bienvenue est arrive, l'ecole entiere est regroupee dans la cour. Dil, Bhim et moi sommes invites rejoidre l'equipe professorale et les enfants, chacun notre tour sous des salves d'applaudissement. J'avais l'impression d'entrer
dans une arene ou tous les yeux etaient braques sur moi. Une certaine timidite m'a soudainement envahi, je voulais me faire tout petit... (impossible la bas pour un grand gaillard comme moi, lol). Les discours s'enchainenet en anglais (moi aussi, j'ai ete invite a faire le mien, mais rassurez vous, ma verve pour ce genre d'exercice en France s'est limitee a qqes phrases de remerciements et de bons voeux; pour une fois, je n'ai pas ete le balblateur de d'hbitude. Des pitchounettes nous apportent des quantites de colliers de fleurs (j'ai compris a ce moment a quoi avaient servis les petales) et lancent des petales comme on lance grains de riz lorsque les maries arrivent sur le peron de l'Eglise. Moment magique, innattendu, unique et tellement amical !
Le prof d'anglais a clos les debats et, sans lui jeter la pierre, je comprends pq l'apprentissage de cette lamgue aux jeunes enfants des ecoles publiques nepalaises leur en laisse une connaissance rudimentaire. Je ne sais si c'est le trac qui a rendu son discours incomprehensible, c'est tout a fait possible, mais ils nous a fallu faire preuve d'une grande observation pour devinez son message. Le prof de math et de nepalais parlait bien mieux (il me guidera d'ailleurs l'apm meme et le lendemain dans la valle et le village).
Comme les photos vous le montrent, la distribution fut un moment tres agreable et remplie de regards, de namaste entre les enfants et moi. Le dirlo veille au grain et a ce que chaque enfant nous remercie Bhim et moi. Qqes p'tits mecs intrepides et intentines provocateurs, ce qui avait le don de beaucoup m'amuser, avaient au contraire le don d'exacerber et de reveler le courou du dirlo qui les rappelait a l'ordre du traditionnel Namaste.
Bon voila, tout le monde a son note book et son pencil, sauf qu'il en reste sur la table 1 bonne grosse centaine. Le dirlo est surpris ! "M'enfin, j'ai fait le compte tout a l'heure et normalement y'a 350 gosses dans mon ecole". Eh ouais, qqes jours plus tot, avec Dil, nous nous etions rendus dans une petite echoppe pour Nepalais de KTM. Dil avait appele le dirlo et ce dernier lui avait confirme 300 eleves. L'operation m'avait alors coute 3600 roupis (1 euro = 90 roupis) pour 300 books et 300 crayons de bois. Le matin de la remise, dans la salle des profs, il avait refait le compte a l'aide du petit tableaurecenceant les eleves inscris par categorie d'age dans l'ecole et - oh surprise ! - c'est pas 300, mais 350 gamins.
Ah Ok !! Et on trouve ou des bouquins et des crayons ici ?
"Ben dans mon magasin" avait il repondu.
"Ouais j'vois l'genre" me dis je
Bon allez zam zam (means let's go, means on y va en nepalais).
A la fin, y'en reste environ 150 (Ca leur fera une reserve pour plus tard). C'est un peu ca aussi le nepal ! Et je sais aussi que les bouquins ne repartiront pas dans l'echoppe du dirlo. Les gamins etaient aux anges, il pleuvait des sourires de partout. Les ados (rares sont ceux a etre encore a l'ecole municipale vers 14-16 ans) semblaient reflechir a la portee du geste de Dil, Bhim et moi. Les qqes mecs ado (que j'avais d'ailleurs rencontre la veille au detour d'un sentier du village) ne se sont pas contente du traditionnel namaste mains jointes lorsqu'ils recevaient le bouquin mais ont souhaite nous serrer la main, a deux mains, ce qui confere a ce geste universel une tres haute et authentique portee amicale de gratitude (j'ai senti une pointe de fierte en moi que j'ai laisse au fond de mon etre).